Biographie
Ounimo est le nom d’artiste de Mohamed Ouni Fattoum, calligraphe né dans le nord de la France de parents tunisiens. Le pseudonyme vient du clan familial paternel — la branche Ouni, dont son père portait le nom — auquel il a ajouté la première partie de son prénom inversé : Ouni-Mo. La sonorité Ounimo lui plaisait par sa proximité avec Geronimo, figure combative qu’il admirait. Le nom condense ainsi deux ancrages : la mémoire d’un clan, et une posture de résistance.
Ounimo dessine depuis l’enfance. La calligraphie comme pratique consciente s’est imposée à sa majorité, lorsqu’il a cherché à intégrer des mots aux images, à mettre en mouvement ce qui semblait figé dans l’écrit. Autodidacte intégral, il a construit sa pratique en trente ans de travail solitaire et continu, hors de toute école formelle. Cette autodidaxie n’est pas une lacune mais une lignée — celle des calligraphes qui se forment au contact direct du geste plutôt qu’au sein d’une institution.
Sa démarche se résume par une formule : « du souffle au sens. » Le calligraphe contrôle le souffle pour poser le trait ; le trait porte le mot ; le mot, restauré dans son sens, redevient présence. Cette logique, Ounimo l’a tirée d’une conversation universitaire qui l’a marqué : un mot privé de sa signification devient une coquille manipulable, ouverte à tous les usages. Son travail cherche à inverser ce processus, à rendre aux mots leur clé.
Trois traditions traversent sa pratique : la Hurufiyya, qui fit de la lettre arabe une matière plastique moderne ; le geste calligraphique asiatique, qui pose la ligne d’un trait sec dans la rétention du souffle ; et une figuration émergente, retrouvée sans connaître ses précédents historiques, où les mots prennent forme d’animaux, de corps, de visages, d’objets. Il pratique dans quatre alphabets — arabe, français, anglais, espagnol — parce que l’érosion contemporaine du sens, à laquelle son travail tente de répondre, ne respecte aucune frontière linguistique.
Ounimo vit et travaille à Paris.